Bienvenue dans les hôpitaux de « la France d’en bas».

C’est avec le sourire aux lèvres que j’écris cet article, assise dans la salle d’attente après avoir parcouru auparavant deux autres hôpitaux. Je suis souffrante déjà depuis 8 jours, suite à une chute à la maison. J’étais sonnée, et c’est mon mari qui m’a donné les premiers soins en attendant de voir un médecin le lendemain.
Pour moi, c’était une chute banale et je voulais retourner à mes occupations, mais mon mari avait insisté pour que je me pose. Une chose impensable pour moi, mais je l’ai écouté.
Après deux consultations chez le médecin, celui-ci m’a rassuré que d’ici trois jours, je ne m’en souviendrai même plus et je pourrais gambader comme d’habitude.

Et voilà 8 jours, que j’attends que tout passe avec mes médicaments.
Alors je décide d’aller aux urgences, car mon état s’aggravait. Et c’est là que tout commence.

Bienvenue dans les hôpitaux du Nord de la France. Oh ! ma patrie la France, ce pays que beaucoup de personnes de l’autre côté de l’océan rêvent de connaître. Un pays tant idéalisé sur deux plans : médical et solidarité.

On est bien loti en France, et plus précisément en matière de prise en charge des soins.

ssise dans la salle d’attente des urgences de Tourcoing, les malades défilaient. Tous aussi mal en point les uns que les autres. Face à moi, une dame qui se tordait de douleur.

À notre arrivée, nous sommes rentrés dans la file d’attente, afin d’effectuer les paperasses (contrôle de carte vitale, CNI, carte mutuelle).
Ensuite une dame qui nous informe qu’il y aura beaucoup d’attente en raison d’un cas grave, un arrêt cardiaque. Donc tout le monde est occupé. Il est 16h30.

Alors on attend, il y a du monde dans la salle, des enfants, des adolescents, des personnes âgées, des mamans avec leur bébé. Le temps s’est arrêté autour de moi, car rien ne bouge. Une attente de 2h et toujours rien. Subitement, je vois une infirmière avec sa blouse  sur laquelle on peut lire  médiation. Elle venait voir chaque patient pour expliquer le processus et le temps d’attente. Je fus  interpeller par sa discussion avec la dame qui se tordait de douleur. Apparemment elle souffrait d’arthrose (dégradation du cartilage qui recouvre les extrémités des os au niveau des articulations).

Voici la conversation entre les deux

– L’ infirmière à la fois médiatrice : « madame, on ne pourra pas vous prendre avant des heures, je suis désolé, mais il y a des personnes qui sont plus gravement malades que vous. Ici on traitre les patients en fonction de la gravité de la santé. Vous faites partie des dernières priorités, vous n’êtes pas un cas vital»

– La dame qui ne tenait pas en place et en pleure répondit « je suis là depuis 14h madame, j’ai mal, svp. Je passerai quand même au plus tard  à 20h?»

– L’infirmière « Non, malheureusement, vous souffrez d’arthrose depuis 5 ans et vous n’avez pas été voir votre médecin traitant. Donc c’est que vous n’avez pas si mal que ça».

Voilà une conversation apparemment banale entre une personne faisant partie du corps médical, c’est à dire apporter des soins, sauver des vies.

Elle n’est pas fautive l’infirmière à la double casquette, c’est juste le fonctionnement de l’administration des hôpitaux. Hélas, c’est juste ça. Le service d’urgence porte bien son nom, mais il faut comprendre qu’on parle d’urgence vitale, c’est-à dire, lorsque votre vie est réellement en danger.

Cette conversation m’a refroidit et je me suis levée et j’ai demandé à mon mari qu’on s’en aille.
Partir dans un hôpital privé. C’était la meilleure solution, pour moi. J’avais besoin de me retrouver dans un endroit plus favorable à mon mental, car je venais de prendre une claque. Je venais de réaliser la dure réalité des choses. J’ai pensé à mon oncle resté en Afrique, qui a toujours clamé haut et fort que les urgences en France doivent certainement être mieux qu’en Afrique. Car paraît-il qu’on ne prend pas vite le malade, sans paiement. Hummm ici on prend d’abord la carte vitale + mutuelle et ensuite on vous prend votre temps. Alors il y a-t-il une réelle différence dans les deux cas, au-delà des soins apportés?

19h30, j’arrive à l’hôpital privé de Roncq, en 5 minutes, l’infirmière descend me demander l’objet de ma visite et me demande de patienter. Elle va voir le chirurgien et revient pour me demander si j’avais une radio. Hélas non, et sans cela je ne pourrais pas être prise en charge, car cet hôpital est dépourvu de service de radiologie.
L’infirmière très aimable, m’invite à me rendre dans un autre hôpital plus compétent, ou selon elle, le service d’urgence est top.

Mon mari et moi avons suivi ses indicatifs. On s’est rendu donc dans un autre hôpital à 30 minutes de la maison en voiture, les urgences de st philibert à Lomme.
Arrivés sur place, on se présente à l’accueil, le même parcours, les paperasses et en 5 minutes j’étais dans un fauteuil roulant, on m’occulte une première fois depuis 16h30.

En 10 minutes, j’ai été conduite dans une autre salle pour voir un docteur sur un brancard. Deuxième fois en moins de 20 minutes qu’on m’occulte et suivi d’une radio.

Ensuite, je patiente 1h30 pour mes résultats. Durant ces longues minutes, j’avais assisté au mécontentement d’une maman, qui avait ramené son fils suite à une chute de vélo. Elle n’était pas contente de l’attente des résultats.

S’ensuit la sécurité qui intervient sur la demande d’un médecin parait-il,  pour demander aux conjoints, accompagnants de sortir, car ils encombraient le service.

Cette intervention à provoquer un brouhahaha, car un patient avait catégoriquement refusé de laisser sa femme partir. Les tons se sont levés.Et le calme est vite revenue .

Certes ils font leur travail, la sécurité et les médecins, mais j’ai eu un pincement au coeur face à toute cette injustice, car on nous enlève notre accompagnant, notre soutien. Au final on se retrouve dans cet endroit triste, peu lumineux, glacial et seul.

 

Ah ! Voici mes résultats, j’ai gagné au gros lot. Et c’est avec une attelle au bras, avec une canne à la clé que je sorte de l’hôpital. Mais pensive.

J’étais juste de passage, et le cours de la vie reprend. Je laisse derrière moi un système qui fonctionne très mal et qui n’a pas l’air de préoccuper l’état français.

À qui la faute? Je ne blâme pas le corps médical, ni les patients. Juste le système.

Un système qui ferme les yeux sur les maux de la France d’en bas.

Et ce sourire aux lèvres n’est que nerveux.

A bientôt.

Natacha.L.H

 

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4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Francine dit :

    Coucou,
    C’est déprimant de se rendre compte que le système n’est pas aussi bien que l’on pense… j’espère que tu iras mieux très vite. Tu as bien fait d’écouter les conseils de ton mari. Reposes toi bien, bon rétablissement ma belle!

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    1. LatreLawson dit :

      Coucou ma belle, ce système me fatigue, 20 jours déjà que ça dure. Seules mes prières me permettent de ne pas sombrer et perdre espoir. J’espère que d’ici la fin du mois, je serai sur pied. J’ai encore 2 scanners + 2 IRM et un electromyogramme à faire. Vivement la fin. Et merci pour ta gentille attention. 😘😘😘😘

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  2. camille dit :

    A qui la faute ? En partie aux personnes qui vont aux urgences alors qu’elles n’ont rien à y faire ….

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    1. LatreLawson dit :

      Un grand merci d’avoir lu mon article. Il y a une question qui me taraude, comment les urgentistes mesurent la gravité des douleurs?
      Nous sommes tous différents et nous ne percevons ni supportons la douleur de la même manière.

      Je m’explique, ce matin vers 1h je me suis rendue aux urgences encore, suite à des douleurs plus prononcées dans les deux jambes. J’ai pensé à prendre mes examens de scanners avec.
      À mon arrivée, les infirmiers ont regardé les résultats et ont pensé directement à une infiltration. Et monsieur le docteur arrive, il analyse 10 min et me dit que c’est psychologique et rien d’anormal dans les résultats dans les scanners ( ce qu’il ne sait pas, c’est qu’un médecin m’avait lu auparavant les résultats et m’a demandé de voir mon médecin traitant pour prescription d’infiltration).

      Alors mes nerfs sont montés, car j’avais face à moi un médecin peut-être fatigué qui voulait m’expédier . J’ai décidé de me rendre dans un autre hôpital, et alléluia j’ai eu la chance de tomber sur un médecin plus compétents qui a su apaiser les douleurs.

      Alors ma question se pose, comment mesure t-il le degré de douleurs, pour savoir que telle ou telle personne n’a pas sa place?

      Hélas je suis fatigué de ce système dans le Nord.

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